Listes honorables 2025

Je viens de mettre à jour le site Tendances ornithologiques du Québec, pour ajouter 2025 aux calculs de tendances des espèces. J’en ai profité pour améliorer l’interface pour les tendances provinciales, allez jeter un coup d’oeil!
Mais le sujet principal aujourd’hui, c’est le palmarès des observateurs qui ont trouvé le plus grand nombre d’espèces au Québec, en 20251.
La liste honorable, c’est la liste des espèces que vous ou votre équipe avez découvertes, c’est un concept imaginé par l’ornithologue Claude Auchu, une idée que j’ai reprise et défendue ici dans mon blog.
C’est très différent des listes qu’on retrouve dans les palmarès eBird, ces dernières dénombrant toutes vos coches, incluant ces oiseaux trouvés par les autres. Pour avoir une longue liste d’espèces observées dans une région, dans la province, lors d’une année particulière ou « à vie », l’essentiel est d’avoir beaucoup de temps, d’être bien branché sur les réseaux sociaux (alertes eBird, Discord, amis, sites de photographes, etc.) et d’avoir un budget généreux pour l’essence ou la recharge du véhicule.
Pour avoir une longue liste honorable, il faut aussi beaucoup de temps, mais brûler de l’essence n’est pas suffisant. L’important c’est de fouiller des sites variés, pas forcément éloignés, mais surtout : peu explorés par d’autres ornithologues. Mais comment déterminer qu’on a “découvert” une espèce? Mon analyse classifie tout oiseau comme une découverte si l’espèce n’a pas été observée dans un rayon d’un km, depuis une semaine. Aucun seuil de distance et de temps ne fera l’unanimité, mais enfin…
Comme je le répète chaque fois, il y a des cas discutables, pas la peine de m’en aviser. Vous avez sûrement des exemples d’espèces que vous avez découvertes, mais qui ne compteront pas dans votre liste honorable telle que je la calcule. Par exemple cet oiseau rare que vous avez découvert à un site bien fréquenté, coché par d’autres qui ont démarré leur liste eBird avant vous; la découverte ira à celle ou ceux qui ont vu l’oiseau et qui ont la liste eBird la plus hâtive, pas à vous.
Aussi, les totaux d’espèces ne correspondent pas parfaitement à ceux établis dans les portails eBird, ce qui s’explique par mes choix d’inclusion d’espèces légèrement différents, notamment la vingtaine d’espèces exotiques que j’inclus ici.
Avec ces précisions et ces bémols, voici ce que la plateforme eBird nous révèle pour l’année qui vient de se terminer. Cliquez sur les flèches à côté des en-têtes de colonnes pour trier, ou dans la case de recherche pour trouver un nom en particulier.
Le tableau ci-dessus ne contient que les personnes qui ont fait au moins 200 découvertes en 2025 (Allez à l’option en haut à gauche pour allonger le tableau, ou cherchez votre nom dans la case en haut à droite). Les espèces exotiques sont inclues. La dernière colonne présente la proportion de toutes les espèces observées qui étaient des « découvertes ». Par exemple, si vous ne birdez que dans un site où personne d’autre ne va, votre score sera proche de 100 %, mais inclura un modeste nombre d’espèces. Si vous ne birdez qu’au Domaine de Maizerets, votre % et nombre de découvertes risquent d’être très bas. Par contre, si vous birdez dans un ou plusieurs sites riches et peu fréquentés, vous êtes en belle position pour faire de nombreuses découvertes. L’est de Charlevoix est le genre d’endroit propice aux découvertes. Une autre manière de voir cela est que ces statistiques « honorables » mesurent en quelque sorte votre contribution à l’information contenue dans la base de données eBird.
Bravo à Michel Robert pour la palme du Québec de 2025 ! A quand une reconnaissance plus formelle, avec une plaque décernée aux lauréats. eBird, ne semble pas répondre souvent aux suggestions. Malgré sa grandiloquence morale (“sauvons les oiseaux”, “soyons inclusifs”, etc.), eBird continue d’encourager la course aux oiseaux découverts par les autres en ne mettant pas en lumière vos découvertes. Alors je m’adresse aux administrateurs de QuébecOiseaux ou du COQ, qui font souvent la promotion de pratiques ornithologiques plus saines ou du moins, plus originales et qui pourraient, avec peu d’efforts, créer un engouement de découverte comparable à l’engouement de l’Avicourse d’hiver.
Au-delà de la performance 2025, qu’en est-il des listes honorables “à vie” à l’échelle de la province ? Le tableau ci-dessous en fait un résumé, bien plus “parlant” à mon avis que le palmarès provincial d’eBird. Vous remarqurez peut-être de légers écarts entre mes totaux et ceux affichés sur le portail eBird - cela est dû à 2 choses: mes données se terminent le 31 décembre 2025, et eBird ne traite pas les espèces exotiques de la même manière dans le portail vs. les données téléchargées. Peu importe, ce ne sont que des totaux d’espèces pas toujours découvertes!
Si vous vous trouvez aux bas fonds de cette liste, ou même hors-liste, faudra peut-être voyager un peu plus dans la province? En tout cas, si Pierre Bannon de Montréal mène avec un impressionnant score de 358 espèces découvertes selon mes calculs. Non seulement Pierre a longtemps et beaucoup voyagé dans la province, il est très perspicace dans ses recherches d’oiseaux. Je suis tout aussi impressionné du fait que le duo Christiane Girard + Claude Auchu, de Rivière-Ouelle, détiennent le plus fort pourcentage d’espèces découvertes à vie (98 %). De toute évidence, ce duo n’a que faire des alertes ornitho !
Au risque de me répéter, une des retombées espérées de cet exercice est d’encourager l’innovation dans vos choix de sites, la découverte, et le patchworking, c’est-à-dire l’exploration en profondeur de sites près de chez vous. Retenez votre décompte de découvertes et tentez de le battre en 2026 !
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Notes de bas de page
Ce texte est une reprise du texte du 25 janvier 2025, avec mise à jour.↩︎