Les migrateurs: troisième vague

eBird
Migration
Auteur

André Desrochers

Date de publication

18 avril 2020

Voici la troisième édition de la chronique des arrivées des migrateurs au Québec. Le monde humain s’est presque arrêté ces dernières semaines, mais les oiseaux continuent leurs activités comme si de rien n’était!

Alors, où en sommes nous? Les premiers migrateurs, quiscales, carouges, merles etc. sont dans le décor depuis un bout de temps, et avec le temps froid, les nouveautés rentrent au compte-goutte. Mais la prochaine vague de temps chaud devrait nous amener quelques nouvelles espèces, en attendant la vraie ruée, celle des migrateurs de longue distance, qui ne se concrétisera pas avant la mi-mai.

Pour vous faire saliver, voici le portrait ce ce qui nous attend dans les prochains jours... Plusieurs de ces espèces pourraient se retrouver dans votre cour, moyennant la présence de quelques arbres, d’une haie ou de quelques arbustes. Donc pour les participants au programme Des oiseaux à la maison, le meilleur reste à venir!

La troisième vague d’espèces. Pour chaque espèce, on voit la date moyenne des premières mentions, et la date moyenne où la moitié du nombre total d’individus est rapporté pour la saison. Notez le décalage entre les dates en abscisse (axe horizontal) et en ordonnée (axe vertical).

Les détails de la construction de ce graphique sont présentés dans le premier texte de cette série de 4 sur la migration. Vu le décalage de plusieurs jours entre le sud de la province et les régions au nord et à l’est, les dates des premiers arrivants ont une saveur plutôt montréalaise, mais les dates médianes (axe vertical) donnent un portrait plus provincial.

Comme je le mentionnais dans les deux derniers textes, il y a un décalage de quelques semaines entre les premiers arrivants d’une espèce, et la “masse” des individus de cette espèce. On peut le deviner en regardant les dates dans le bas de la figure, vs. les dates sur l’axe de gauche. À Beauport (Québec) ce matin, je voyais passer des volées de plusieurs dizaines de Quiscales bronzés, dont la migration est loin d’être complétée. En fait, selon eBird, la moitié des Quiscales bronzés devrait être arrivée autour du 22 avril. Entre temps, des espèces comme le Martin-pêcheur d’Amérique commencent à peine à se pointer et les hirondelles se laissent encore désirer dans la plupart des régions de la province.

Dans les prochains jours, les insectes de toutes sortes se réactiveront, et arriveront donc leurs prédateurs... Dans ce monde où tout change, je trouve remarquable la grande régularité dans les arrivées de nos oiseaux. Merles, oiseaux noirs et bruants chanteurs sont arrivés top chrono, et j’attends mon premier Moucherolle phébi d’une journée à l’autre...

Plusieurs des espèces qui rentrent massivement en ce moment sont réputées pour leurs déplacements en plein jour. Si vous observez des volées d’oiseaux noirs, de merles, de bernaches ou cormorans en déplacement migratoire, c’est-à-dire bien au-dessus des arbres, des édifices dans le cas des oiseaux terrestres, ou à plusieurs dizaines de mètres de l’eau, ajoutez des notes dans vos listes eBird, p.ex, indiquant la taille des groupes observés, leur direction (NE, SW, NNE, etc.) et leur hauteur. Ces informations sont très utiles pour les scientifiques comme moi qui épluchent les données eBird pour mieux comprendre les comportements migratoires


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Commentaires importés de WordPress

Réal Bisson 19 avril 2020

Merci André. Toujours intéressant d'étudier tes graphiques et de jongler avec tes arguments.

Stéphane 3 mai 2020

Effectivement très intéressant, merci !